Accéder au contenu principal

actualités

Safe and Proud, quand les ambassadeurs égalité s'engagent pour la lutte contre les discriminations

Qu'est-ce qui motive huit élèves de 4e, un vendredi de veille de vacances, à se rassembler au CDI pour une heure de discussion ? Leur engagement dans le projet Safe and Proud, un programme de sensibilisation aux discriminations qui démarrera après les vacances d'hiver dans les collèges parisiens Suzanne Lacore et Jules Ferry.

Un projet porté par des élèves et des adultes engagés

Dès la rentrée, la première étape du projet consistera en une intervention de l'association SHAM'S en classe. Mais l'initiative va bien au-delà des interventions ponctuelles : elle s'appuie également sur une dynamique d'établissement impliquant activement aussi bien les élèves que le personnel encadrant.

Valentin Colle, professeur documentaliste et référent du projet, souligne que "les discriminations sont des questions qu'on aborde peu, car elles sont compliquées à traiter avec les élèves". Pourtant, en quelques jours seulement, douze élèves se sont portés volontaires pour devenir ambassadeurs égalité, témoignant d'une forte motivation à lutter contre le harcèlement et les discriminations au collège.

Lors des discussions, les élèves ont évoqué les problématiques de leur quotidien : racisme, homophobie, sexisme. Certains redoutent les moqueries et les réactions de leurs camarades, mais cela ne freine pas leur détermination. "Dans ma classe, il y a beaucoup de misogynie, les garçons se croient plus forts que les filles", témoigne une élève.

En s'engageant dans le projet, ces jeunes ont décidé de ne pas rester spectateurs, mais d'agir pour faire évoluer les mentalités. Ce projet est une opportunité unique de construire un climat scolaire plus respectueux et inclusif.

Le projet mobilise également l'équipe éducative dans toute sa diversité. Enseignants, AED, CPE et infirmière scolaire se sont impliqués à des degrés divers, permettant une mise en œuvre collective et adaptable pour en assurer la portée et la cohérence.

"Nous avons un rôle, c'est de sensibiliser"

Le projet se clôturera en mai par la semaine de lutte contre les LGBTphobies. À cette occasion, les élèves ambassadeurs seront mobilisés pour organiser des actions au sein de leur établissement. La réunion du vendredi 14 a été l'occasion de réfléchir aux possibilités d'actions envisageables pour prolonger la réflexion et toucher un plus large public. Parmi les idées abordées, la réalisation d'un court-métrage sur les discriminations a suscité un vif intérêt, tout comme l'organisation de temps de sensibilisations dans des écoles primaires. Certains élèves ont proposé d'inviter des drag queens afin d'aborder la question du genre et de l'expression de l'identité, tandis que d'autres souhaitent créer des vidéos TikTok pour toucher les jeunes sur internet. Une exposition au CDI, en lien avec le Centre social Rosa Parks, pourrait également voir le jour. Enfin, des interviews des invités du projet et une intervention en web radio ont été envisagées pour prolonger la portée du projet.